La pluie est retombée par endroits ces dernières semaines, mais la sécheresse perdure : en ce mois de septembre, 74 départements français sont en situation de « crise » pour l’eau potable, soit le niveau d’alerte maximum. En parallèle, près de 1 cours d’eau sur 2 est touché par des ruptures d’écoulement ou des assecs (assèchement temporaire, partiel ou total), tandis que 61 % des nappes phréatiques sont en dessous des normales mensuelles, selon le Bureau de recherches géologiques et minières.
Pour analyser cette situation que beaucoup qualifient d’inédite, nous avons échangé avec Luc Aquilina, hydrogéologue et professeur à l’université de Rennes, où il est titulaire de la chaire eau et territoires.
Reporterre — À la mi-septembre, la grande majorité du pays est toujours soumise à d’importantes restrictions sur l’eau potable. Comment en est-on arrivé là ?
Luc Aquilina — La première chose, c’est l’impact des canicules que nous avons connues cet été : nous avons passé trois mois à osciller autour de 30 °C, voire 40 °C. À cela s’est ajoutée l’absence de pluie sur une longue période : cet été, on a eu des précipitations 40 % inférieures aux normales. L’organisation des masses d’air ne s’est pas faite comme d’habitude, avec des précipitations qui viennent de la façade atlantique et passent par la Bretagne. Résultat : les deux phénomènes se sont renforcés. Les fortes températures ont eu pour effet de transformer en vapeur le peu d’eau qu’il restait dans les sols, accentuant la sécheresse.
« Même un hiver pluvieux ne protège pas »
Ce qui est inquiétant, c’est la rapidité à laquelle ça s’est mis en place, puisqu’on a démarré en février avec tous les voyants au vert. On a eu un hiver très pluvieux, toutes les nappes étaient remplies au maximum… Trois mois après, c’était déjà la catastrophe. On avait déjà des sols dans un…
Auteur: Scandola Graziani
