En regardant une carte des niveaux des nappes phréatiques en France, le constat est alarmant tant l’Hexagone est teinté du jaune au rouge vif, symptôme de niveaux bas. En raison des épisodes intenses de chaleur et de l’absence prolongée de précipitations, 92 % des points de suivi affichent un niveau inférieur aux normales mensuelles, selon le dernier bulletin publié le 15 août par le Bureau de recherches géologiques et minières.
Malgré cela, difficile de passer à côté de la tache bleue au sud de Paris, une des seules régions où le niveau des nappes phréatiques est considéré comme « modérément haut ». La nappe phréatique de Beauce, située dans le bassin parisien, est l’un des plus grands réservoirs d’eau souterraine de France. Elle s’étend sur près de 10 000 km2, à cheval sur l’Île-de-France et le Centre-Val de Loire, et son volume stocké est estimé à plusieurs milliards de mètres cubes.
Sa spécificité géologique tient au fait qu’elle circule au sein d’un vaste système aquifère multicouche, c’est-à-dire une superposition de différentes roches et couches de sol. L’aquifère qui contient la nappe de Beauce, l’un des plus importants de France, est formé, à son sommet et à sa base, de différents types de calcaires.
Une nappe phréatique réactive
Ces calcaires sont dotés d’une bonne perméabilité, ce qui leur permet d’absorber efficacement les eaux de pluie, notamment en automne et en hiver. À l’inverse, les nappes de socle, constituées de roches imperméables comme le granite ou le schiste, stockent moins bien. C’est par exemple le cas de celles du Massif central ou des Vosges.
La nappe de Beauce est aussi une nappe réactive, c’est-à-dire qu’elle répond rapidement aux variations météorologiques : elle se recharge lors des fortes pluies et se vide en période sèche. Elle s’oppose en cela aux nappes inertielles, à réaction…
Auteur: Camille Sciauvaud
