“Self Care” : l’enfer c’est les autres

Dimanche soir, 23h, tu scrolles Instagram. Un reel te dit que “les gens qui te drainent l’énergie ne méritent pas ta présence”. Qu’il faut “virer les toxiques de ta vie”. “protéger ta paix”. Ce discours arrive toujours au bon moment, quand les gens sont épuisés, précaires, à bout. Et les gens le sont pour de vraies raisons. Sauf que la solution proposée n’est pas de changer les conditions qui les épuisent, mais de changer leurs fréquentations.

Conditions matérielles, réponses personnelles

Le monde qui est imparfait, mais dans lequel nous vivons, est épuisant d’une façon qui n’a rien d’accidentelle. Les cadences s’accélèrent, les contrats se précarisent, les heures supplémentaires ne se comptent plus, les objectifs se redéfinissent chaque trimestre à la hausse, inatteignables. Et ça c’est pour les personnes qui auraient “le luxe” de pouvoir travailler. À côté de ça, les discriminations systémiques continuent leur travail souterrain et silencieux : le racisme ordinaire qui fatigue à force de répétition et d’accumulation, les “phobies” des personnes gay, lesbiennes, trans, qui contraignent et qui isolent, la charge mentale domestique qui s’accumule sans jamais être comptabilisée nulle part ni par personne. Les gens arrivent chez eux le soir vidés, et ce n’est pas une question de tempérament ou de fragilité individuelle, mais bien la résultante directe de nos conditions matérielles d’existence. C’est dans ce terreau-là que fleurissent ces comptes Instagram et TikTok au visuel soigné : coucher de soleil, tasse de matcha, lumière dorée, qui délivrent en une phrase ce que personne ne t’a jamais dit aussi clairement :

j’ai évolué le jour où j’ai bloqué les gens qui vampirisaient mon énergie”protège ta paix”tu ne dois rien personne”

Ces contenus ont capté quelque chose de réel avec une précision redoutable, et c’est précisément ce qui…

La suite est à lire sur: frustrationmagazine.fr
Auteur: Farton Bink

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com