Sénatoriales : une drôle d’élection, complexe mais capitale

Quel vote étrange ! Peut-être perçu comme trop technique. Et à raison. Les « grands électeurs » de ce pays que sont les parlementaires, les conseillers régionaux, départementaux, territoriaux et certains conseillers municipaux voteront pour renouveler, le 27 septembre, la moitié du Sénat. Au scrutin majoritaire à deux tours ou à la proportionnelle, selon les départements. En bref, cette élection est complexe, mais elle est capitale.

À gauche, le scrutin pourrait rebattre les cartes. Le groupe socialiste pourrait perdre des sièges et, avec eux, son rang de deuxième force politique du Sénat, au profit du groupe centriste. Mais le choc de cette élection pourrait venir du RN, qui aurait la capacité de constituer un groupe parlementaire. Une première dans l’histoire du pays. Même si les marinistes et les ciottistes ne s’y trouvent pas en masse, l’arrivée de ces nouvelles troupes aura un effet politique fort : elles droitiseront une chambre aujourd’hui dominée par les Républicains en phase de radicalisation avancée.

Mur imperméable

Marine Le Pen pourrait enfin avoir une prise sur l’autre assemblée.

Cette droite respectera-t-elle le cordon sanitaire ou se lancera-t-elle dans la course à l’échalote des propositions extrêmes ? Une chose est sûre : ces futurs élus d’extrême droite s’opposeront à la moindre avancée sur le terrain social, économique ou écologique, comme la droite l’a fait pour la taxe Zucman, la loi sur la fin de vie ou, dans une moindre mesure, la loi contre les thérapies de conversion. Le Sénat pourra continuer d’être ce mur imperméable aux demandes de la société. Il ne faut pas oublier que c’est cette chambre qui a réintroduit l’acétamipride malgré la contestation historique contre la loi Duplomb.


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Auteur: Lucas Sarafian