« Je m’engage à gouverner avec humilité, dans la transparence, à combattre la corruption à toutes les échelles. » Les premiers mots du vainqueur de la présidentielle sénégalaise Bassirou Diomaye Faye, lundi 25 mars dans la soirée, ont été consacrés au rappel des axes principaux de sa future politique. La lutte contre la corruption est la base de son engagement politique au côté de son mentor, Ousmane Sonko, dont il a fait la connaissance à la direction générale des impôts et domaines.
Entre 2007 et 2014, les deux hommes ont été animés par la même volonté d’en finir avec les détournements de fonds publics et la prédation économique. Après leur limogeage en 2014, ils créent un parti politique panafricaniste, les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef). Ce mouvement prône notamment la rupture avec la mal-gouvernance des élites politiques qui se cooptent entre elles, et entend renouveler sa relation avec l’ancienne puissance coloniale dans un sens plus égalitaire.
Renégocier des accords économiques
Il faut donc s’attendre à une reprise en main par le nouveau pouvoir à Dakar de la gestion des finances et des contrats publics. Et en premier lieu, des accords de pêche signés avec l’Union européenne. Comme il l’a déclaré pendant sa campagne, le nouveau président s’est en effet engagé à renégocier ces accords jugés trop favorables aux chalutiers occidentaux, au détriment de pêcheurs traditionnels sénégalais. Un enjeu capital pour ce pays dans lequel 20 % de la population travaille dans ce secteur.
Bassirou Diomaye Faye veut aussi renégocier les contrats de pétrole et de gaz signés avec l’australien Woodside, qui a obtenu l’exploitation du champ offshore de Sangomar (pétrole et gaz), et le britannique BP, qui a hérité de Grand Tortue Ahmeyim (gaz). Ces deux champs devraient produire environ 230 millions de barils et 15 milliards de…
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Auteur: Laurent Larcher

