Sens dessus dessous

Si le mouvement contre la réforme des retraites fait masse dans la rue et l’opinion, force est de constater qu’il est encore loin de constituer une menace suffisante pour faire reculer le gouvernement (et accessoirement porter au-delà). Peu de souffle et d’énergie, les cortèges apparaissent las. Dans les assemblées, sur les blocages et les piquets de grève, ça semble un peu patiner. La semaine dernière, nous publiions Pour ceux qui bougent en 2023 : 2016 dans le retroviseur – La véritable histoire du Cortège de Tête. D’anciens participants au MILI (Mouvement Inter Luttes Indépendant) et leurs amis racontaient rétrospectivement ce qui selon eux avait pu permettre en 2016, le dépassement des vieilles formes de protestation, leur sclérose et leur impuissance. Avant d’imaginer comment rouvrir les robinets pour que ça déborde, ils proposent cette semaine d’examiner les canalisations : le mythe de la démocratie et du bon peuple, le spectacle de ses représentants et l’absence d’un rapport sain au travail, soit son refus.

À défaut d’avoir mis la France à l’envers (tout juste une voiture, c’était rue des Boulets), le (non-)mouvement contre la réforme des retraites a retourné quelques convictions, peut-être aussi quelques cerveaux. À première vue c’est à n’y rien comprendre. Rembobinons : cinq ans plus tôt, « on » constatait l’apparente perte de contrôle des syndicats sur leur propre folklore (le 1er mai lui-même leur échappait), un an plus tard on se demandait, avec gravité, si l’Élysée pouvait être pris d’assaut (en gilet de sécurité), voire s’il était légitime de mobiliser des blindés pour l’empêcher. Deux ans après encore, on se questionnait en long, en large et en podcasts, sur le monde d’après, à quel point il serait si fliqué ou si différent. Aujourd’hui, hiver 2023, « on » se réjouit de voir fleurir les poussettes en manifs, on se demande si un porte-parole syndical ne ferait pas un bon président, on écoute l’un de ses collègues féliciter le préfet de police, on ose comparer l’assemblée nationale à une zone à défendre. Les Gilets Jaunes sont portés disparus, ou plutôt dissous dans un nouveau sujet éditorial, la « France des sous-préfectures », voire celle « des barbecues ». L’« ultra-gauche » se révèle plus indétectable qu’un ballon chinois, seule la presse régionale croit voir encore sa main derrière les actions les plus insignifiantes.

DÉMOCRATIE

« Ce qu’on fait c’est un exercice grandeur nature de la démocratie. »

Laurent B.

S’il y a bien un fait remarquable…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com