Les gendarmes en renfort
En alertant sur la présence de chauves-souris, les habitats et l’association Canopée avaient contraint un entrepreneur de travaux forestiers, sous-traitant de la coopérative Alliance Forêts Bois, à mettre en pause le chantier afin d’éviter des poursuites pour destruction d’espèces protégées.
Depuis, l’association Canopée constate l’absence de dialogue avec la coopérative Alliance Forêts Bois et les pouvoirs publics. Pire, le mercredi 22 octobre, le moteur d’une abatteuse vrombit à nouveau dans ce bois peuplé de diverses essences de feuillus.
La coopérative forestière a décidé de poursuivre la coupe, mais également de faire de la reprise du chantier un événement rassemblant des acteurs de la filière bois ainsi que des élus locaux, des membres de la FDSEA – branche départementale de la FNSEA – et de la Coordination Rurale, et même la préfète de la Creuse Anne Frackowiak-Jacobs. Le tout sous bonne garde de nombreux gendarmes.

« C’est un passage en force, sans prévenir aucun riverain », estime Bruno Doucet chargé de campagne « forêts françaises » de l’association Canopée. « Au contraire, les riverains qui habitent le hameau juste en face n’ont pas eu le droit de participer à la visite qu’Alliance Forêts Bois avait prévu : ils ont été refoulés par la police. Certains ont même été intimidés ».
Arrivé sur place le lendemain, Bruno Doucet tente à plusieurs reprises de joindre par téléphone des représentants de la coopérative, sans succès. Un chargé de production d’Alliance Forêts Bois venu sur le chantier évite également la discussion : il salue rapidement le salarié de Canopée avant de s’enfoncer dans les bois, le pas pressé.
« Cette espèce de brouillard dans lequel on nage est intolérable », déplore Bruno Doucet. « Les gens sont en colère vis-à-vis des coupes rases : et qu’est-ce qu’Alliance Forêts Bois trouve…
Auteur: Eloi Boye

