Quand ils se retrouvent ce samedi 10 janvier 2026, dans une salle de l’Union locale de la CGT à Bobigny (Seine-Saint-Denis), la trentaine de travailleurs maliens ne bossent plus ensemble. Certains continuent d’être éboueurs, d’autres ont trouvé d’autres emplois. La plupart sont en CDI. Ce qui les lie, c’est la grève qu’ils ont menée, en octobre 2021, contre leur employeur de l’époque, l’entreprise de collecte des déchets, Sepur.
À l’époque, ils sont tous sans papiers, embauchés en intérim « au cul du camion » dans plusieurs dépôts franciliens. Grâce à ce mouvement social, que Politis avait largement raconté à l’époque, l’ensemble des grévistes ont été régularisés fin 2021.
La fin de l’histoire ? Pas tout à fait. S’ils se retrouvent ce samedi matin, c’est pour préparer l’audience qui doit se tenir lundi 19 janvier au tribunal judiciaire de Versailles. Quatre ans plus tard, le Parquet a décidé d’engager des poursuites judiciaires contre Sepur et les deux entreprises d’intérim concernées, Drop Interim et MisterTemp. Ces dernières sont poursuivies pour emploi d’un étranger non muni d’une autorisation de travail.
Sepur, de son côté, est accusé de complicité de ce délit et figurera lundi 19 janvier sur le banc des prévenus. Assez cocasse quand on sait que l’enquête préliminaire du Parquet a été ouverte début 2022 suite à une plainte contre X de… Sepur. Dans celle-ci, que Politis a pu consulter, l’entreprise accuse les travailleurs sans papiers d’escroquerie.
« L’usurpation de la qualité d’étranger en situation régulière avait pour but de tromper Sepur », peut-on notamment lire. L’entreprise estime même avoir « subi un préjudice financier certain du fait de ces agissements ». Contacté sur l’ensemble des points de cet article, Sepur n’a pas donné suite à nos sollicitations.
Stratégie…
Auteur: Pierre Jequier-Zalc

