« Je remplis un relevé hebdomadaire dans lequel je marque ce que je fais quart d’heure par quart d’heure. » Didier Zika est éducateur spécialisé pour une association médico-sociale de la région Paca. Il travaille dans un « Sessad », un service d’éducation spéciale et de soins à domicile, qui accompagne les enfants et adolescents en situation de handicap.
Le travail de Didier dépend du quotidien des jeunes. Il est varié, et ses horaires variables. Aujourd’hui, en plus de suivre les enfants, l’homme doit aussi inscrire dans un logiciel tout ce qu’il fait, avec des codes correspondants aux différentes tâches.
Il explique : « Prenons lundi. J’ai commencé à 8 h 30. Donc, 8 h 30, je récupère mon véhicule, j’ai 15 minutes de code “1220” pour “déplacement en direction de l’enfant ou du groupe d’enfants”. Après, je bascule pendant 1 h 15 en code “1210” pour “déplacement avec l’enfant – accompagnement avec l’enfant”. Après, j’ai deux heures d’activité éducative, ce qui est le code “1410”. Puis, j’ai le code du repas avec les enfants de 12 heures à 13 heures. Dans l’après-midi, je les ramène à la maison, à nouveau le code “1220”… »
Tracer l’activité
L’association médico-sociale qui emploie Didier Zika, qui y est aussi délégué CGT, a mis en place depuis plusieurs années cet outil de suivi de l’activité des salariés. « Cela permet à la direction de vérifier ce pourquoi on s’est engagé vis-à-vis des familles et des enfants suivis. Par exemple, si on s’est engagé à voir l’enfant trois fois par semaine, une simple extraction du logiciel permet de savoir exactement combien de prises en charge a eu l’enfant, précise l’homme. On ne conteste pas tant la traçabilité, il est naturel de rendre compte de l’action menée auprès des enfants. Là où le système devient pervers, c’est qu’il sert également d’outil de contrôle comptable du temps…
Auteur: Rachel Knaebel

