[Série 3/4] Vous lisez la série « Crise écologique : la révolte des scientifiques ». La suite est ici.
Montpellier (Hérault), reportage
On le croirait surgi d’un film. Chapeau de cow-boy et bracelets de cuir, Serge Zaka a pourtant les pieds sur terre et le regard pétillant. Brillant, comme les éclairs qu’il affectionne. « Je chasse les orages depuis mes 15 ans, commence-t-il, c’est mon adrénaline. » Quand il ne court pas après le coup de foudre, le jeune chercheur se passionne pour le climat.
« Je suis un activiste, mais je me bats avec des chiffres et des faits scientifiques plutôt que sur le terrain », affirme-t-il. Dans son domaine, il explose les compteurs : 500 interviews données l’an dernier. Près de 58 000 personnes abonnées à son compte Twitter. Avec un objectif : « Faire reculer le climatoscepticisme, encore très puissant dans notre société. »
Un « savanturier » contre le climatoscepticisme
Un engagement nourri, très tôt, par son goût pour l’aventure. « Petit, vers 8 ans, je me suis épris de météorologie », raconte-t-il. Plutôt que de lire Harry Potter, le jeune Serge se plonge alors dans les ouvrages de thermodynamique. Mais pas question de garder la tête dans les nuages. « Ce qui m’intéressait, c’était d’étudier les effets concrets du climat sur nos vies », dit-il. Une fois étudiant, il s’oriente vers l’agronomie, puis enchaîne avec une thèse dans une discipline naissante : l’agroclimatologie, qui étudie les conséquences du changement climatique — gel, sécheresse, canicule — sur l’agriculture.
Doctorat en poche, le voilà comblé. « J’avais lié mes deux passions, pour la météo et les orages d’une part, et pour l’agriculture d’autre part », sourit-il. Docteur Zaka et Mister Hyde. Chercheur le jour, chasseur d’éclair la nuit. Pour cultiver son style de « savanturier », il se dote d’un couvre-chef. Puis entre à ITK, une entreprise qui développe des logiciels pour les producteurs.
Très vite, il délaisse sa bécane et ses modélisations climatiques pour un nouveau champ de bataille : la vulgarisation. « Je me suis rendu compte que beaucoup de faits incorrects circulaient sur le climat, dit-il. Je suis sidéré par la puissance du climatoscepticisme en France. » Contre les « semeurs de doute » qui minimisent les conséquences du dérèglement climatique, contre le gouvernement « qui préfère les mesures électoralistes à des politiques alignées sur les données du Giec », Serge Zaka dégaine les articles scientifiques. Non, la douceur hivernale n’est pas une bonne nouvelle. Non, ce n’est pas parce qu’il neige que le changement climatique n’est pas si important que ça.
« C’est ma…
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Auteur: Lorène Lavocat Reporterre

