[Série 3/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : lors du second quinquennat, « le Sénat est un peu le roi du pétrole »

Sa réélection est claire et nette. Emmanuel Macron a beau avoir connu les crises – gilets jaunes, covid-19, guerre en Ukraine – il n’en saura pas moins reconduit, largement, face à Marine Le Pen, lors de la présidentielle 2022. Un deuxième quinquennat historique, pour le chef de l’Etat, le premier à être réélu au suffrage universel, hors cohabitation. Mais pas d’état de grâce. Très vite, la désillusion arrive, lors de législatives, tout aussi historiques : le Président ne dispose que d’une majorité relative, ce qui change tout.

« A partir de 2022, il y a une inversion complète : la plupart des textes commencent par le Sénat »

Finie la majorité absolue qui permet de légiférer sans négocier, laissant les mains libres à l’exécutif. Pour faire adopter ses textes, le pouvoir va devoir accepter – et ce sera un apprentissage difficile pour lui – d’en lâcher un peu. Une situation dont va profiter le Sénat. Pour comprendre, il faut avoir en tête que le petit groupe des députés LR, avec ses 61 voix, devient charnière. Menant déjà une politique à bien des égards de droite, la jambe gauche de la macronie devenant famélique. Renaissance peut logiquement chercher à trouver chez les LR les voix qui lui manquent. Mais plutôt que négocier d’emblée avec les députés, dirigés par Olivier Marleix, l’exécutif va s’appuyer sur le groupe LR du Sénat, dont un certain Bruno Retailleau est à la tête.

« Avant 2022,…

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Auteur: François Vignal