Et si l’élection d’Emmanuel Macron était la meilleure chose qui soit arrivée au Sénat ? Quand le nouveau Président est élu en 2017, jouant la carte du nouveau monde contre l’ancien, le Sénat pâtit de son image. L’institution est attaquée, caricaturée. Pas assez représentative, plus âgée que l’Assemblée, les coups viennent de toutes parts. C’est le « Sénat bashing ». Signe des temps : selon un sondage YouGov de septembre 2017 pour le magazine Capital, 60 % des personnes interrogées se prononcent pour la suppression du Sénat.
Retour en grâce
Emmanuel Macron lui-même va souffler sur les braises. Le Président avait en effet semé le trouble dans sa lettre aux Français post grand débat, après les gilets jaunes. « Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil économique, social et environnemental, doivent-elles jouer pour représenter nos territoires et la société civile ? Faut-il les transformer et comment ? », demander le chef de l’Etat. Un questionnement qui ouvrait la porte à leur réforme, voire leur suppression, comme évoqué dans les doléances des gilets jaunes…
Mais la Haute assemblée a renversé la vapeur. A l’heure de faire le bilan, dix ans après l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, l’institution a réussi à redorer son blason. Deux quinquennats de macronisme triomphant puis finissant sont passés par là. Paradoxalement, les sénateurs doivent en partie à ce…
Auteur: François Vignal
