Le Président de la République en a toujours fait la mère des batailles. Qu’Edouard Philippe, son ancien Premier ministre désormais candidat, fasse de la réforme des retraites la « question la plus importante » pour 2027 sonne donc comme un désaveu. Un désaveu d’autant plus ironique que c’est ce même Edouard Philippe – et son directeur de cabinet de l’époque, Olivier Ribadeau-Dumas – qui avait poussé pour intégrer « l’âge pivot » à la réforme par points et ainsi signé l’arrêt de mort de la première réforme des retraites (« non paramétrique ») d’Emmanuel Macron, au départ soutenue par la CFDT. Quelques mois plus tard, la pandémie de Covid avait définitivement enterré l’une des réformes phares du premier quinquennat Macron.
La réforme de 2023 annoncée dès la campagne 2022
Cela n’avait pas empêché le Président de remettre l’ouvrage sur le métier dès la campagne de la présidentielle 2022, annonçant un report de l’âge légal à 64 voire 65 ans s’il était élu. Fraîchement reconduit à l’Elysée, Emmanuel Macron a d’emblée lancé sa deuxième réforme des retraites, en s’attaquant cette fois-ci directement à l’âge légal. Sauf que le Président de la République venait de remporter l’élection, certes, mais en enjambant une campagne présidentielle percutée par l’invasion de l’Ukraine en février 2022. Pour la première fois depuis la synchronisation des élections…
Auteur: Louis Mollier-Sabet
