La France n’est pas la seule à s’interroger sur l’engagement de ses jeunes pour la défense de la nation. Alors qu’Emmanuel Macron a annoncé jeudi 27 novembre la création d’un nouveau service militaire volontaire, la Suisse se déchire depuis plusieurs semaines sur le devenir de son propre système. La population helvète se prononce ce dimanche 30 novembre sur le remplacement éventuel de son service militaire par un service citoyen.
Contrairement aux Français, les Suisses ont toujours l’obligation de faire leur service militaire. Pas les Suissesses, pour qui cet engagement n’est que facultatif. À 18 ans, les jeunes hommes participent à une première journée d’information obligatoire. C’est à ce moment-là qu’ils choisissent le moment où ils veulent suivre leur formation militaire.
Passage par l’école des recrues
Ce séjour des recrues dure quatre à six mois en moyenne, et doit être effectué avant leurs 25 ans. Comme les jeunes ne peuvent pas travailler pendant cette période, leur absence de revenu est compensée par une allocation de 69 francs suisses par jour (environ 73 €), ou de 80 % de leur dernier salaire. Durant les dix années suivantes, les jeunes restent incorporés et font six sessions de « recyclage » pour entretenir leurs acquis.
Si le service militaire reste obligatoire pour tous les hommes en Suisse, ceux qui ne l’effectuent pas ne risquent plus la prison depuis 1996. Une alternative s’offre désormais à eux : le « service civil de remplacement ». Les jeunes ayant un conflit de conscience avec l’engagement dans l’armée peuvent ainsi participer à des missions dans des domaines manquant de ressources, comme la protection civile ou la santé.
En moyenne, 6 000 à 7 000 hommes se tournent vers cette option chaque année, mais ce chiffre pourrait baisser. En septembre, le Parlement a en effet adopté une réforme durcissant les conditions d’accès au…
Auteur: Juliette Vienot de Vaublanc

