C’est un refrain dont on préférerait ne pas se souvenir, voire mieux : qu’il n’existe pas du tout. Mais la casse du service public est telle que les alertes des agents, des usagers et usagères ou de leurs proches abreuvent notre rubrique d’expression libre, intitulée « Carte blanche« . C’est Sushina Lagouje, femme tétraplégique de 39 ans, qui dénonce l’inaccessibilité des structures publiques de soin. Ou encore Nathalie, assistance scolaire, qui pointe l’invisibilité de ce métier pourtant central dans une Éducation nationale en miettes. Ils et elles sont enseignants, infirmières, AESH, artistes ou œuvrant dans l’aide sociale à l’enfance. Ils et elles veulent faire entendre leur témoignage et leur colère, tout en délivrant leur analyse, leur envie d’un quotidien plus juste ou d’un travail plus reconnu.
Dans l’Éducation nationale, « les abandons sont fréquents »
Léo avait été prévenu. Lors de son entretien avec son directeur de thèse, il avait entendu plusieurs fois les mots de « précarité », de « quotidien difficile ». On lui demande s’il est bien motivé. S’il veut continuer, malgré tout, ou tout arrêter, puisque les « abandons sont fréquents ». Entré dans le monde de l’enseignement supérieur, c’est faire l’expérience d’un secteur « tenu à bout de bras », raconte-t-il. Cet effort est fait par des « volontés individuelles qui y croient encore mais sont épuisées par le manque de moyens financiers et humains ».
Sur le même sujet : Et si Bayrou supprimait l’Éducation nationale ?
« Individuelles », car la défense globale des services publics se fait bien silencieuse. Ce qui s’entend des décideurs, ce n’est pas un plaidoyer pour un horizon collectif, partagé ou…
Auteur: Hugo Boursier

