Certaines bactéries sont capables de produire des antibiotiques dans un contexte de compétition entre espèces, c’est le cas du genre Streptomyces. Une nouvelle découverte décortique leur manière de produire ces molécules et ouvre la voie à la production de nouveaux antibiotiques et lutter contre l’antibiorésistance.
La dissémination de l’antibiorésistance chez les pathogènes humains et animaux est à l’origine d’une crise sanitaire contemporaine et d’une potentielle catastrophe à venir. L’Organisation mondiale pour la santé (OMS) reconnaît la résistance aux antimicrobiens comme un problème socio-économique majeur et « l’une des 10 plus grandes menaces pour la santé publique mondiale ». Il est maintenant admis que l’utilisation massive et le mésusage des antibiotiques favorisent l’émergence et la propagation des résistances aux antimicrobiens chez les pathogènes humains. Une véritable course de vitesse est en cours : il est impératif d’innover pour identifier et produire de nouvelles molécules capables de contrer l’adaptation des bactéries à la pression antibiotique.
La principale source de molécules naturelles à usage antibiotique sont les bactéries du sol, et notamment les Streptomyces. En effet, les bactéries établissent grâce aux molécules qu’elles synthétisent un équilibre avec les autres organismes colonisant le sol incluant une compétition qui consiste à éliminer la concurrence.
Près d’un tiers de tous les antibiotiques connus ont comme origine les Streptomyces, ce qui place ce seul genre bactérien en deuxième position pour la découverte d’antibiotiques, juste derrière l’ensemble des plantes supérieures.
Quand les bactéries jouent les chimistes
Les Streptomyces sont les bactéries non pathogènes qui comptent parmi les « chimistes » les plus compétents de la nature grâce à leur capacité à produire une large diversité de métabolites spécialisés. Ces…
Auteur: Pierre Leblond, Professeur, Université de Lorraine

