Dans ce texte, Houria Bouteldja répond à la lettre que lui a adressée Sandra Lucbert et qui a été publiée le 4 septembre 2025 dans Contretemps sous le titre « Le net et le flou. Lettre à Houria Bouteldja ».
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J’aurais aimé ouvrir cette lettre par un compliment à la hauteur de celui que tu m’as fait mais cela passerait pour de la flagornerie car je ne te connais pas assez. Plus justement, je ne connais pas ton œuvre. Je sais que tu es connue et — je crois — reconnue pour tes écrits sur la littérature et la psychanalyse, mais en ces matières, je suis une bille. Pas compétente pour estimer ta « valeur », et encore moins ce que tu serais susceptible de m’apporter. Je t’ai écoutée parler littérature politique à Hors-Série mais je n’ai pas su si j’avais appris quelque chose. J’ai mis ça sur le compte de mon ignorance. En revanche, j’ai eu beaucoup de plaisir à suivre un débat que tu as fait avec Dany et Raz. J’ai découvert une femme vivante, puissante et ferrée. Ce qui a forcé mon admiration. Ce que je sais, c’est que tu fais partie d’une gauche droite dans ses bottes, qui ne s’excuse ni de sa radicalité ni de son engagement anti-impérialiste comme en témoigne ton compagnonnage avec Révolution Permanente. Il ne m’en fallait pas plus — car l’anti-impérialisme est pour moi la mère des batailles — pour penser que ta lettre méritait réponse. D’abord, pour des raisons bassement narcissiques. Quand une figure respectée de la « vraie » gauche m’interpelle en toute « camaraderie », ça me flatte. Ensuite parce que la lettre est publiée sur Contretemps, un site sérieux, ce qui lui donne d’emblée un crédit quelles que soient ses qualités réelles. Enfin, parce qu’elle était attendue. Chez ceux qui l’espéraient, elle a fait l’effet d’un baume. Je retiens la réaction de François Bégaudeau qui a le mérite de la concision : « Le texte de Lucbert est un chef…
Auteur: redaction

