« Voilà, à un moment, si ça ne tue pas, c’est pas du jeu. » [p. 144]
États des lieux de l’âme contemporaine, celle de l’individu moyen, extrêmement reproductible et insipide, l’ouvrage échelonné d’Antoine Hummel déguise à peine le bilan appuyé autant que consternant d’un tel échantillon. Il faudra bien le mettre à plat quelque part, cet énergumène, quand tout sera fini (nous y arrivons, patience), mais commençons ici par les épluchures. Dans la touchante complicité d’un auteur qui se place, de biais, à l’intérieur du discours admis, voici que, lecteurs, nous sommes scrutateurs d’une élection qui tourne au désastre objectif, la lumière étant renvoyée d’où elle part.
Joyeux et déluré délire, exercice pour moitié improvisé, pour moitié cadré, c’est une balade au pays de la conformité, avec pour seul moyen d’évasion ou de transformation une ironie à froid, frappante, dont la profération réclamera le plus grand (et faux) sérieux. Une partition participative où il s’agirait à tout prix d’amener le lecteur à s’introduire dans le cerveau forcément supérieur (sans rire, au moins le temps de l’écriture) de l’auteur de cette démonstration. L’auteur de ce jeu, qui en est aussi bien le principal exécutant, met à jour l’éternel dispositif de formation en cours qui ne cesse dissoudre puis de ressusciter les joueurs, des plus passifs parmi eux aux plus actifs.
« Chez les Monsieurs, quand il s’agit de TOUT DIRE, l’ambiance est judiciaire, apologétique ‒ ceux qui veulent compter dans l’Histoire comparaissent au tribunal de l’Histoire ; et, prétendant TOUT DIRE ils ne disent jamais que rien du tout. On les les quitte généralement posant devant le monument de leur innocence (c’est de bonne guerre vu que c’est le jeu). » [p.77]
Le déserteur impénitent se fait facilement champion de dégoûtation, son exemple contamine et invite à lorgner ce…
La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

