Réélu à la tête du Brésil pour un quatrième mandat non consécutif, le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva devra faire face à un Congrès fortement à droite, à des finances publiques dans le rouge et à l’hostilité de Donald Trump. Les législatives du 4 octobre l’ont placé devant une situation encore plus complexe, avec un véritable raz-de-marée de la droite et de l’extrême droite. Le Parti libéral de Flavio Bolsonaro est désormais le mieux représenté, avec 121 députés sur 513 et 28 sénateurs sur 81. Au total, avec les cinq partis qui ont déclaré leur soutien au fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, la droite conservatrice a obtenu la majorité dans les deux chambres du Parlement : 286 députés (55,8 %) de la Chambre, et 51 sénateurs (63 %).
Pourtant, après un premier tour difficile où Lula était derrière Flavio Bolsonaro, il est finalement réélu à 52 % des voix au second tour. Christophe Ventura, directeur de recherche à l’IRIS – responsable du Programme Amérique Latine/ Caraïbes, et journaliste pour Le Monde Diplomatique, analyse cette victoire ainsi que les risques de cette configuration politique.
La victoire de Luiz Inácio Lula da Silva était-elle inattendue ?
Cette victoire était possible, mais il fallait mobiliser les abstentionnistes du premier tour pour lui permettre d’avoir une remontada, ce qui paraissait très compliqué. La veille de l’élection, les instituts de sondage montraient…
Auteur: Chiara Carbonnet
