« Si ma génération a survécu, c’est grâce aux femmes »

Un des plus beaux films que nous ayons vus ces derniers mois vient de Somalie. Il est le fait d’un jeune homme, Mo Harawe, la trentaine, originaire de ce pays et citoyen autrichien, dont Le Village aux portes du paradis est le premier long métrage. Il raconte une histoire simple et profonde, avec trois protagonistes vivant sous le même toit : Araweelo (Anad Ahmed Ibrahim) qui, ne pouvant avoir d’enfant avec son mari, préfère divorcer plutôt que devenir sa seconde femme ; son frère Mamargade (Ahmed Ali Farah), homme de cœur peu adapté à la vie sociale ; et le jeune fils de celui-ci, Cigaal (Ahmed Mohamud Saleban).



Le Village aux portes du paradis / Mo Harawe / 2 h 14.

Même si des partenaires financiers européens ont permis la production de cette pépite, sélectionnée à « Un certain regard » l’an dernier à Cannes, Mo Harawe n’a pas cherché à faire un film pour les Occidentaux. Le Village aux portes du paradis est le fruit du regard intime, personnel, que pose le cinéaste sur le pays de sa jeunesse. Extrêmement maîtrisée, cette œuvre rayonne d’une intensité pénétrante.

Vous êtes né et avez grandi en Somalie. Comment le goût du cinéma vous est-il venu ?

Mo Harawe  : Je suis né effectivement en Somalie et j’y ai grandi jusqu’à l’âge de 18 ans. C’est alors que je suis allé étudier en Autriche. J’ai regardé beaucoup de films quand j’étais gamin, toutes sortes de films : américains, asiatiques, mais très peu d’européens. J’ai aussi beaucoup écrit à l’adolescence : des nouvelles, des poèmes… La Somalie est un pays où la littérature est très importante. Les grands artistes somaliens sont des poètes et des poétesses.

Quand je suis arrivé en Autriche, j’ai éprouvé une nécessité intérieure….

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Auteur: Christophe Kantcheff

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