« Si notre métier n’est pas valorisé, le système risque de s’effondrer »


Auxiliaire de vie sociale en Normandie, Ludivine raconte son parcours et les multiples facettes de son métier. Elle décrit des conditions de travail difficiles et une situation de précarité qui ne favorisent pas les vocations. Or les soins apportés aux bénéficiaires par les auxiliaires de vie sont essentiels pour leur assurer des conditions justes et dignes de vie et de fin de vie.


J’ai 31 ans et cela fait bientôt cinq ans que je suis auxiliaire de vie sociale. Mère de deux enfants, je vis en Normandie et travaille pour les services d’aide et d’accompagnement à domicile qui assurent la prise en charge des personnes âgées, handicapées et atteintes de pathologies cognitives. J’aime mon métier plus que tout. Le problème, aujourd’hui, c’est que les conditions ne sont plus adaptées pour permettre à tous, auxiliaires de vie, bénéficiaires, personnel administratif et hospitalier, de travailler ensemble.

Pour la hiérarchie, les bénéficiaires restent des numéros de dossier auxquels ‘il ne faut pas s’attacher ’.

Dans notre métier, le travail s’organise autour du mantra « efficacité » ; il faut répondre à la demande des bénéficiaires, assurer nos missions, même en cas d’imprévu ou d’urgence. Il est inenvisageable pour nous de laisser les gens seuls, sans passage et sans soins ; c’est là l’essence de notre métier, privilégier l’humain avant tout. Mais à l’heure actuelle, dans notre équipe, il manque quasiment la moitié des effectifs. Surcharge des plannings, multiplication des trajets en voiture, amplitude des horaires non respectée – même à temps partiel – en sont les conséquences directes.

Le rythme des visites, à flux tendu, a évidemment un impact psychologique sur nous, sur notre travail et sur les bénéficiaires. Oui, nous assurons l’accompagnement aux gestes essentiels et activités ordinaires des bénéficiaires…

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