Le 11 février 2005 a été marqué en France par l’adoption de la loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes en situation de handicap. Celle-ci reconnaît la langue des signes française comme une langue à part entière et assure que « tout élève concerné doit pouvoir recevoir un enseignement [de cette langue] ».
En outre, elle garantit « le droit à la participation des personnes handicapées à tous les aspects de la vie publique, sociale, culturelle, économique et politique ». Promulguée en juillet 2016, la loi dite LCAP a renforcé ce cadre législatif. Dans son article 5, elle précise que « toute personne […] a le droit d’accéder et de participer librement à la vie culturelle à travers les activités de son choix ».
Pourtant, à cette époque, il n’était pas possible pour une personne sourde d’entrer dans une école de théâtre ou de suivre une formation professionnelle de comédien·ne. Ayant auparavant déjà animé des ateliers pour personnes sourdes au théâtre du Grand Rond, à Toulouse, Martin Cros – comédien sourd – et Alexandre Bernhardt – comédien entendant qui jongle entre français et langue des signes – ont décidé de se mobiliser pour remédier à ce problème, vécu comme une injustice par la communauté sourde.
Puissance
Soutenue par l’équipe du théâtre du Grand Rond, leur initiative a donné naissance en 2018 à l’École de théâtre universelle (ETU), qui dispense une formation théâtrale professionnelle en langue des signes à l’attention des artistes sourds et sourdes. « L’enseignement comprend des modules théoriques et administratifs, mais c’est avant tout la langue des signes, avec sa poésie propre et sa puissance expressive au plateau, qui est transmise dans le cadre de la formation », souligne Océane Bretin, chargée de mission à l’ETU.
D’abord inscrite…
Auteur: Jérôme Provençal

