La Macronie a le sens de la formule. Il faut lui reconnaître cela. En éléments de langage, on ne fait pas mieux. Le titre du rapport parlementaire rédigé par cinq députés de la majorité présidentielle et remis à Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, en février, allégorise ce talent. « Rendre des heures aux Français. » Qui ne le voudrait pas ? Les députés de la majorité auraient donc écrit un rapport préconisant d’abaisser le temps de travail des 27 millions de salariés du pays ? Bien sûr que non, il fallait, avant de trop se projeter, lire le sous-titre : « 14 mesures pour simplifier la vie des entreprises ».
‘Simplifier’ signifie surtout s’attaquer aux droits sociaux et au droit du travail.
« Simplifier », encore et toujours. Pas la vie des Français, en l’occurrence, mais celle des entreprises. Revoilà ce mantra macroniste utilisé comme une potion magique pour répondre aux problématiques du pays. Enfin, surtout pour « libérer le potentiel de croissance » des entreprises et des entrepreneurs, comme l’indique ce rapport. Un joli mot qui, pourtant, vire vite au simplisme lorsqu’on regarde de près ce qu’il implique. Ici, « simplifier » signifie surtout s’attaquer aux droits sociaux et au droit du travail, vus alors comme de simples normes contraignantes, « nuisant à la compétitivité et à la croissance de nos entreprises ».
Un rapport à mettre en parallèle avec le récent sommet Choose France, visant à démontrer aux investisseurs étrangers l’attractivité économique de l’Hexagone. Dans le dossier de presse l’accompagnant, l’éloge y est fait de cette simplification. Toute une partie de ce document cherche ainsi à montrer que le modèle social français n’est plus aussi protecteur qu’on le pense. « Un temps de travail loin des idées reçues », peut-on lire, suivi de chiffres illustrant…
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Auteur: Pierre Jequier-Zalc

