[Chronique « Animaux géniaux »] On nous le serine depuis l’Antiquité : la mémoire des poissons serait courte, la cervelle des moineaux minuscule, la cruauté des ours sans pareille… Pourtant, les études scientifiques démontrant que les non-humains rivalisent d’intelligence, de sensibilité et d’ingéniosité s’accumulent. Chaque mois, Reporterre vous propose un florilège consacré à ces vivants si fascinants.
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Les papillons de nuit voyagent grâce aux étoiles
Qui n’a jamais imaginé glisser sur l’océan, de nuit, avec les étoiles pour seule carte ? Pour la plupart des humains, la navigation astronomique n’est qu’un rêve lointain. Pour le papillon de nuit Bogong, c’est tout ce qu’il y a de plus commun. Une étude publiée dans la revue Nature le 18 juin montre que cette espèce océanienne est capable de s’orienter grâce aux étoiles, une compétence jusqu’alors seulement identifiée chez les humains et certains oiseaux migrateurs.
Chaque printemps, des milliards de papillons Bogong quittent le sud-est de l’Australie pour trouver un petit peu de fraîcheur dans les Alpes australiennes, 1 000 kilomètres plus loin. Ils y restent en dormance jusqu’à l’automne, avant de migrer vers leurs lieux de reproduction.
On savait déjà que ces insectes s’appuyaient sur le champ magnétique terrestre pour réussir ce périple. En les plaçant dans un « simulateur de vol » — une sorte de planétarium préservé de l’influence du champ magnétique terrestre —, les scientifiques ont montré que le ciel étoilé leur servait également de boussole.
Lorsque des Bogong capturés étaient exposés à une représentation réaliste de la nuit australienne, ils trouvaient la bonne direction. Lorsqu’ils étaient plongés dans un champ d’étoile aléatoire, sans représentation de la Voie lactée, ils volaient dans tous les sens, complètement perdus.
Les scientifiques ont également mis en lumière…
Auteur: Émilie Massemin, Hortense Chauvin

