« Il y a eu les actions d’urgence par rapport au sinistre où on a multiplié les chantiers solidaires participatifs. On entre maintenant dans une phase de régénération avec l’ambition de reconstruire les Corbières différemment. » Nicolas Mirouze est vigneron au cœur de la zone ravagée par les incendies cet été dans l’Aude. Voilà maintenant trois semaines qu’il a engagé avec les membres du tiers-lieu paysan Beauregard une campagne d’actions pour refleurir les Corbières. Ils sont pour l’instant plusieurs dizaines – habitants, bénévoles, agriculteurs, chasseurs – à montrer qu’il est possible d’agir sur le territoire.
Des habitants de ce territoire sinistrés, mais aussi des bénévoles venus de plus loin, sèment des engrais verts sur des friches viticoles calcinées.
©Isabelle Haelvoet
« Il s’agit à court terme d’apporter un couvert végétal aux friches et à ce qui a brûlé », explique l’agriculteur. En effet, les sols mis à nu par les incendies sont particulièrement sensibles à l’érosion. Comme l’eau s’infiltre moins, les prochaines pluies, même modérées, pourraient entraîner des inondations et des glissements de terrain. « Un processus de dégradation pourrait alors s’enclencher : le feu, qui appelle l’érosion, qui entraîne une aridification, qui appelle le feu suivant », met en garde le tiers-lieu paysan. La perspective de ce sinistre scénario est, à terme, la désertification.
À l’inverse, « en semant, on régénère les sols », souligne Nicolas Mirouze. En effet, les variétés annuelles, en germant cet automne, vont retenir les sols mis à nu par les feux en cas de fortes pluies. « Et c’est aussi un premier pas vers l’élevage : les surfaces semées cet automne pourront être pâturées au printemps, ajoute l’homme. C’est une solution pour les éleveuses et éleveurs qui ont perdu leurs pâturages ou leurs stocks de foin avec les…
Auteur: Sophie Chapelle

