Il y a vingt-cinq ans, alors que j’étais un jeune anthropologue travaillant dans le nord de la Sibérie, les pêcheurs et les trappeurs autochtones que je côtoyais faisaient souvent des haltes rituelles pour offrir quelque chose à la toundra. Il s’agissait généralement de pièces de monnaie, des boutons ou d’allumettes. Des offrandes modestes mais considérées comme essentielles.
Avant chaque nouveau départ en expédition de chasse ou de pêche, on me demandait ainsi si j’avais de la monnaie dans mon manteau. Et si ce n’était pas le cas, quelqu’un m’en donnait alors pour que j’en aie toujours à portée de main. D’autres cadeaux étaient aussi laissés sur notre passage, comme de la graisse de renne sauvage utilisée pour alimenter le feu.
J’étais intrigué. Pourquoi faisaient-ils cela ? Les réponses qui fusaient alors étaient généralement quelque chose comme :
« Nous sommes les enfants de la toundra. »
« Nous faisons ces sacrifices pour que la toundra nous donne plus d’animaux à chasser l’année suivante. »
Récemment, les médias du monde entier ont été fascinés par d’autres types d’offrandes et de rituels réalisés à quelques 12 000 kilomètres du nord de la Sibérie. Dans la jungle colombienne, quatre enfants de la communauté Huitoto rescapés d’un crash aérien ont été recherchés pendant quarante jours puis retrouvés par des membres de leur communauté autochtone. Cette longue période de pistage dans la jungle colombienne dense et reculée était rythmée par des rituels et offrandes réalisés par les membres les plus âgés de la communauté.
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Toutes ces actions avaient pour but d’invoquer des entités considérées comme les esprits de la forêt, de sa flore et de sa faune. Elles ont également entretenu la confiance mutuelle entre les membres de…
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Auteur: John Ziker, Professor of Anthropology, Boise State University

