Soorts-Hossegor (Landes), reportage
Les cimes des pins se balancent au rythme du vent qui s’engouffre dans cette forêt des Landes située sur la commune de Soorts-Hossegor. Depuis le 4 janvier, six « écureuils » — ces militants qui s’accrochent dans les arbres — ont érigé une plateforme de planches entre plusieurs troncs à quelques mètres au-dessus du sol. Le plancher de bois sur lequel ils vivent est désormais le point d’ancrage et de ralliement de la lutte contre la ligne à très haute tension (THT) du golfe de Gascogne.
Pas moins de 300 kilomètres de lignes électriques doivent être installés au fond de l’océan d’ici 2027, pour relier la France et l’Espagne. L’opération menace de nombreuses espèces protégées marines.
« On a reçu énormément de soutien de la part des habitants », s’enthousiasme Kiwi, l’une des « écureuils ». Un accueil qui lui va droit au cœur et qui lui offre une raison de continuer. « J’ai la lutte joyeuse », lance-t-elle tout sourire, assise à côté d’une bâche qui recouvre les denrées alimentaires que les locaux leur apportent.
« Durcir le mouvement »
L’avancée des travaux menés par le Réseau de transport d’électricité (RTE), avec de nouvelles routes coupées à la circulation depuis le 6 janvier, a ravivé les tensions autour du projet.
Depuis trois ans, des habitants des Landes se mobilisent. Ils ont créé un collectif, baptisé Stop THT 40. Des recours juridiques sont en train d’être étudiés par les tribunaux. « RTE accélère les travaux pour les terminer avant l’audience et dire “C’est trop tard, les opérations ont été réalisées” », dit Marie Darzacq, présidente de l’association Landes Aquitaine Environnement (LAE).
Alors que les dates d’audience ne sont pas connues, elle explique l’appel fait aux « écureuils » : « On a décidé de durcir le mouvement. Les manifestations, même avec 1 000 personnes…
Auteur: Chloé Rébillard, Isabelle Miquelestorena

