Six mois de guerre contre l’Iran : « Je ne vois pas le régime islamique se fragiliser. Il est encore plus dictatorial et corrompu », estime Azadeh Kian

Une guerre qui devait être éclair. Le 28 février dernier, les Etats-Unis et Israël lançaient une vaste campagne aérienne contre l’Iran. La mort du guide suprême, Ali Khamenei, et de plusieurs hauts responsables du régime devait, selon Washington et Jérusalem, accélérer la chute de la République islamique. Six mois plus tard, le scénario ne s’est pas produit. Le régime est toujours en place. Il a perdu plusieurs de ses cadres militaires et politiques, ainsi qu’une partie de ses infrastructures, mais son appareil sécuritaire a résisté. « Les Américains et les Israéliens ont sous-estimé cette capacité de résistance, aussi bien militairement que diplomatiquement », estime Azadeh Kian, professeure de sociologie politique à l’Université Paris Cité.

La disparition d’Ali Khamenei, Guide suprême de la République islamique d’Iran, lors des frappes du 28 février, n’a pas entraîné de vide politique durable. Le pouvoir s’est rapidement réorganisé autour de Mojtaba Khamenei, désigné comme nouveau Guide suprême à la suite de la mort de son père, mais aussi autour des institutions militaire et sécuritaire de la République islamique et des Gardiens de la révolution. « Malgré les dissensions bien réelles qui traversent le régime, ses différentes composantes s’accordent sur un point : préserver le pouvoir », souligne la chercheuse.

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La réponse iranienne a rapidement dépassé les…

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Auteur: Emma Bador-Fritche