Six personnes racontent leur passage à l’IGPN

Ces dernières années, les critiques se sont multipliées contre l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), accusée de manquer d’indépendance et de transparence. En théorie, l’IGPN est chargée de faire la lumière sur les manquements des forces de l’ordre. Pour celles et ceux qui franchissent la porte de la police des polices, ils et elles racontent avant tout la crainte d’y être mal reçu·es et la peur de ne pas être cru·es.

Claire*, 31 ans

Le 2 février 2019, je manifeste contre les logements indignes à Marseille. Après une charge, des grenades lacrymogènes et des tirs de LBD [lanceur de balles de défense], nous nous retrouvons près de l’église des Réformés. Les CRS et les motards bloquent toutes les issues possibles.

*

Les prénoms suivis d’une astérisque ont été modifiés.

Avec deux amies, on essaie de partir, car la situation devient trop dangereuse. Un CRS nous hurle de « dégager », alors qu’on est coincées. Une amie lui répond qu’on n’a pas d’armes. Il la pousse violemment, la traite de « sale pute ». J’essaie de calmer le jeu, mais il sort sa matraque et nous frappe, à l’écart des regards, avant de repartir insulter et frapper plus loin. J’en garde un très gros hématome à la cuisse, constaté par un médecin et une échographie, avec trois jours d’ITT [incapacité totale de travail].

Je suis traitée comme une militante de gauche qui attaque un CRS, rien de plus.

Après plusieurs refus de prise de plainte dans les commissariats, je fais un signalement à l’IGPN. Je suis finalement convoquée en septembre 2019. On me demande une multitude de détails pour voir si mon récit « tient la route ». Mes pièces médicales et mon témoignage passent au second plan. On me…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Maxime Sirvins

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com