Pour penser pratiquement et théoriquement un renversement du monde de l’économie en 2026, il peut être utile, voir crucial, de se pencher sur les menées antérieures. Dans les années 50 et 60, Socialisme ou Barbarie fut l’un des rares groupes à renvoyer dos-à-dos les mirages du capitalisme moderne et du communisme d’État et à poursuivre le travail de recherche et d’expérimentation politique entamé par ce que l’on appelle, souvent à la va-vite, l’ultragauche ou le conseillisme. Frédéric Thomas, nous replonge ici dans les débats qui ont agité le groupe au tournant des années 60 et qui ont certainement contribué à sa dissolution à la veille de mai 68.
Construire une organisation révolutionnaire, telle était l’ambition de Socialisme ou Barbarie. Au tournant des années 1960, ce projet connut à la fois un début de réalisation et une reconfiguration au prisme d’une triple ligne de tension : sociologique, anticoloniale et théorico-pratique.
L’importance du groupe français, Socialisme ou Barbarie (SouB, 1949-1967), est aujourd’hui largement reconnue. Il opéra un renouvellement théorique qui annonça et irrigua le soulèvement de Mai 68 et, plus largement, l’insubordination des années 1968. Né au sein du giron de la IVe Internationale (fondée par Trotsky), SouB rompît avec celle-ci en 1949, sur la base d’un désaccord sur la nature du stalinisme et de l’URSS, ainsi qu’en fonction d’une redéfinition de la division en classes sociales.
Le capitalisme moderne oppose, d’un côté, les dirigeants, et, de l’autre, les hommes et les femmes salariés, qui exécutent « les ordres imposés d’en haut ». « la contradiction fondamentale du capitalisme » réside dès lors dans « la nécessité pour le capitalisme de réduire les travailleurs en simples exécutants, et son impossibilité de fonctionner s’il y réussit ; son besoin de réaliser simultanément la participation et l’exclusion des…
Auteur: dev

