Soigner ou tuer : petite visite dans les dangereux jardins de plantes à poisons

Si magnifiques soient-elles, les fleurs qui ornent le jardin de la duchesse de Northumberland ne sont pas inoffensives. Il en est mêmes certaines dont il vaut mieux s’abstenir de humer le parfum, pour éviter de perdre connaissance. Les plantes qui poussent en ces lieux sont en effet toutes vénéneuses. Un étrange (et dangereux) jardin, que nous invite à découvrir Prudence Gibson.


Toutes les plantes ne sont pas nos amies. Toutes ne sont pas bienveillantes. Je le sais, car j’ai étudié l’histoire des jardins de plantes toxiques. J’en ai même créé un, modeste, à côté de ma maison, dans la banlieue de Sidney.

Le concept de « jardin des poisons » trouve son origine aux XVIe et XVIIe siècles : il découle des jardins d’herboristes ou d’apothicaires, dans lesquels médecins et moines cultivaient des plantes médicinales. À ceci près qu’un tel jardin ne contient que des plantes à poisons, capables, selon la quantité ingérée, de tuer un être humain…

À l’époque où les premiers jardins toxiques ont commencé à être cultivés, d’épais ouvrages de référence sur les plantes médicinales étaient publiés, tels le monumental The Herball (1597), de John Gerard, qui couvre aussi bien les plantes anglaises que les espèces exotiques ramenées du « Nouveau Monde » (des îles caribéennes colonisées, notamment). Dans ces jardins médicinaux, certaines parcelles étaient aussi parfois dédiées aux plantes carnivores ou aquatiques.

Une page illustrée de The Herball.
Wikimedia, CC BY

Fondé en 1545 par les Médicis, le Jardin botanique de Padoue, qui existe encore aujourd’hui, abritait également des plantes toxiques. De tels jardins servaient non seulement à des fins d’éducation botanique, d’étude de l’histoire naturelle et de la médecine, mais aussi de lieux de spectacle, d’endroits propices aux mystères. Et des…

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Prudence Gibson, Lecturer and researcher in Plant Humanities, UNSW Sydney

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