C’est l’histoire d’une fuite, celle d’une sportive de haut niveau menacée dans son propre pays par le pouvoir en place. Cette histoire, c’est celle de Zakia Khudadadi. Nous sommes au mois d’août 2021 et l’Afghanistan bascule sous la férule des talibans après le départ des soldats américains de Kaboul.
« Avec l’arrivée des talibans, tout a changé pour les filles et pour les femmes, raconte-t-elle. Je n’avais pas le choix : je ne pouvais pas rester en Afghanistan si je voulais continuer mon sport. Il m’aurait été impossible de continuer à m’entraîner avec les talibans toujours à côté de nous. Je voulais poursuivre parce que j’étais la première para-athlète de mon pays et que, si j’arrêtais, il n’y en aurait peut-être pas eu après moi. »
Quitter le pays au péril de sa vie
S’engage alors une course contre la montre. La championne publie un appel à l’aide sur les réseaux sociaux afin de quitter le pays. Dans cette vidéo, elle donne ses coordonnées précises pour être localisée et secourue, au péril de sa vie.« Dans cette vidéo, je disais que j’avais une “wild card” pour les Jeux olympiques de Tokyo 2018 et que j’avais besoin d’aide pour sortir du pays. J’ai pris un risque en donnant ma localisation, mon adresse électronique et mon numéro de téléphone… Soit je quittais l’Afghanistan pour Tokyo, soit j’étais morte. Quelques minutes après, le ministère français des Sports prenait…
Auteur: Pierre Bonte-Joseph
