« Solal ou la chute des corps » de Louis Vendel : une histoire d’amitié

Solal ou la chute des corps

de Louis Vendel

Seuil, 304 p., 20 €

Fondateur de plusieurs médias littéraires, dont la Lettre Zola, Louis Vendel est sensible aux histoires vraies. « Mettre en récit le réel est une entreprise qui me fascine, je ne saurais dire pour quelles raisons. » Pas étonnant, donc, que Solal ou la chute des corps, son premier livre, soit consacré à l’un de ses plus proches amis.

L’auteur rencontre Solal lorsqu’ils ont 20 ans, une fin d’été en terrasse parisienne. Il se souvient l’avoir trouvé « bizarre ». Très vite, les deux jeunes hommes deviennent proches. Solal a été diagnostiqué bipolaire de type 2. Il oscille entre des phases hypomaniaques, dans lesquelles « il se fout des conventions sociales », et des phases basses, où il ressemble à un « gros chat », comme dit sa mère.

Après avoir demandé à Solal son accord pour le livre (« il était chaud »), Louis Vendel pose mille questions à son ami, sa famille, ses proches, des psychiatres, pour mieux comprendre le trouble. Au fil du projet, il devient même pour Solal « l’arbitre de ses souvenirs », le corrigeant sur ses propres dates.

Petite parcelle de l’amour absolu

L’histoire se lit comme un roman. Le lecteur suit les phases hautes de Solal durant lesquelles « il ne vit pas au présent » mais « le poursuit tel une chimère » ; ses mises en danger, jusqu’à une chute de cinq mètres où il frôlera la mort au cours d’un séjour aux îles Canaries ; ses interrogations permanentes sur son futur jusqu’à son idée singulière de faire le tour du monde à pieds. Durant ces heures de marches, « le chagrin lui vient facilement ». « C’est une fatigue des yeux, une perte de force dans les poings, comme une envie irrépressible d’échapper à son propre corps ».

Plusieurs fois, l’auteur s’interroge. Pourquoi son ami est « du côté des fous » et lui « du côté des biens portants » ? Où se trouve la « frontière…

La suite est à lire sur: www.la-croix.com
Auteur: Esther Serrajordia