Haïti est plongé depuis des années dans une situation terrible, une descente dans la violence qui ne semble pas avoir de fin. Et pourtant, l’histoire et le présent de Haïti suscitent notre admiration et notre reconnaissance. Malgré les difficultés, la force et la dignité de la population haïtienne continuent d’alimenter notre espoir.
À l’origine du mouvement actuel, il y a le mouvement social à large assise qui demande depuis 2018 que le gouvernement haïtien enquête sur les fonds prêtés par le Venezuela, connus sous le nom de Petrocaribe. L’élite liée au parti PHTK – qui était au pouvoir et qui a de puissants liens financiers et capitalistes étrangers – s’est alors opposée farouchement à toute rupture du statut quo. Plutôt que de perdre la main, ils ont choisi de financer une campagne de violence des gangs dans les quartiers populaires de Port-au-Prince pour mater le mouvement social qui y était très puissant. Depuis le massacre de La Saline en 2018, au cours duquel plus de 70 civil·es ont été tué·es et violé·es par des bandes armées, la violence s’est intensifiée et les gangs contrôlent désormais des parties importantes du territoire haïtien, en particulier à Port-au-Prince et en Artibonite, tuant, kidnappant et violant en toute impunité.
Depuis l’assassinat du président Jovenel Moise en juillet 2021, Haïti est gouverné de fait par le core group, un groupe composé notamment des ambassadeur·es des États-Unis, du Canada, de France, d’Allemagne, du Brésil, d’Espagne, de l’Union Européenne ainsi que du Représentant spécial de l’Organisation des États Américains et de son homologue de l’ONU. Ce sont eux qui ont nommé Ariel Henry comme nouveau premier ministre d’Haïti. Le parlement n’existe plus. Une grande partie de la population haïtienne ne voit pas de légitimité démocratique dans le gouvernement imposé par le core group ; et le processus électoral est bloqué.
Ariel Henry…
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Auteur: Attac France

