Sommés d'abattre leurs vaches en bonne santé pour que la France continue d'exporter

« Le jour d’un abattage total, tout s’effondre, on n’a plus aucun point de repère quand les bâtiments sont vides. » Jocelyn Bertrand, agriculteur bio, a vu partir à l’abattoir ses 305 vaches en 2023. Une seule de ses bêtes était malade. Le territoire où il est installé depuis 1999, la Suisse normande, au sud de Caen, avec ses prairies vallonnées, est l’un des foyers de la tuberculose bovine.

Cette maladie infectieuse, dont l’agent principal est la bactérie Mycobacterium bovis, est transmissible à l’humain par l’ingestion de lait cru provenant de vaches infectées, ou par contact étroit avec des tissus infectés dans les abattoirs ou boucheries. À l’origine de milliers de cas en Asie du Sud-Est et en Afrique, elle concernerait moins de dix cas humains, non mortels, chaque année en France. Chez un animal infecté, « le lait pasteurisé ou stérilisé est consommable, la viande aussi », indiquent les vétérinaires interrogés.

Mais « la tuberculose bovine reste une zoonose majeure qu’il convient de combattre », affirme Fabrice Chevalier, en charge du dossier au ministère de l’Agriculture, dans un courriel à Basta!. Ainsi, toute détection de la maladie dans un troupeau en France entraîne l’application d’un protocole strict, et destructeur pour les éleveurs. Environ 45 élevages ont vécu des abattages depuis 2013 en Suisse normande.

C’est le cas de celui de Tom Hoppenreijs, 21 ans, qui a dû faire abattre ses 150 vaches et veaux début 2024, pour au final deux bêtes atteintes de tuberculose bovine. « En quatre mois, tout notre travail de sélection très pointilleuse pour parvenir à une production de qualité et des animaux avec qui nous pouvons travailler, a été balayé. C’est dur de s’en remettre », raconte Tom aux côtés de son père, Harrie.

Tom et Harrie Hoppenreijs, dans la salle de traite.

© Emmanuel Blivet

25 ans de travail balayés

Il est d’autant plus difficile de…

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Auteur: Simon Gouin (Grand format), Sophie Chapelle

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