Deux réunions, deux géographies du pouvoir mondial. A Bichkek, capitale du Kirghizistan, plusieurs dirigeants eurasiatiques, parmi lesquels les présidents chinois Xi Jinping, russe Vladimir Poutine et tadjik Emomali Rahmon, ainsi que le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, se sont retrouvés mardi pour le sommet de l’OCS, l’organisation intergouvernementale eurasienne qui célèbre ses 25 ans.
A plus de 10 000 kilomètres de là, à Asheville, en Caroline du Nord, ministres des finances et gouverneurs de banques centrales du G20 se réunissaient à l’invitation des Etats-Unis, qui avaient notamment convié la Russie malgré la guerre menée contre l’Ukraine.
C’est dans ce paysage diplomatique éclaté qu’António Guterres a choisi de défendre explicitement un monde « de plus en plus multipolaire ».
« C’est une bonne chose et cela doit être renforcé », a déclaré le chef des Nations Unies devant les dirigeants de l’OCS.
L’affirmation résonne particulièrement dans une enceinte où Pékin et Moscou plaident depuis des années pour un rééquilibrage de l’ordre international face à la prépondérance occidentale. Mais le Secrétaire général a immédiatement déplacé le débat : la multiplication des centres de pouvoir ne peut produire davantage de justice que si les institutions chargées d’organiser les relations internationales évoluent elles aussi.
« Les rapports de force changent, mais les organisations multilatérales reflètent encore, pour l’essentiel, 1945 et la situation de cette époque », a-t-il déclaré. Il a appelé à réformer les Nations Unies et les institutions de Bretton Woods afin qu’elles correspondent aux « réalités d’aujourd’hui » et accordent davantage de représentation et d’influence aux pays en développement.
Pour M. Guterres, la multipolarité est ainsi à la fois « une condition de la justice dans la gouvernance mondiale et les relations internationales » et « le…
Auteur: Nations Unies FR
