Imaginez le choc si les médias nous annonçaient un beau matin :
« Stupéfiant ! Un sondage réalisé sur un échantillon représentatif de la majorité gouvernementale révèle un degré d’inculture inquiétant sur les questions écologiques. Non seulement Président, ministres et députés ignorent le contenu des derniers rapports du GIEC, mais ils croient toujours que le néolibéralisme va nous sortir de cette crise. Comment, en ce début de XXIe siècle, un tel niveau de “superstition” peut-il encore se rencontrer au sein de nos “élites” dirigeantes ? »
Ce n’est pas sur ce sujet, pourtant réel et documenté par des chercheurs et penseurs tels que Bruno Latour que les sondages s’attardent, c’est sur le peuple « irrationnel » dont les opinions inquiètent, encore et toujours.
Malgré l’accumulation de travaux qui ont déconstruit les notions de superstition, de culture populaire et de pensée prélogique, des sondages continuent de nous expliquer que nos compatriotes sont des monstres d’irrationalité prêts à « croire toutes sortes d’absurdités » en traitant même les plus jeunes de « génération toc-toc ».
Croyances au paranormal : attention danger !
Rien qu’en 2023, deux sondages réalisés par l’IFOP nous ont révélé les chiffres étonnants d’un niveau très élevé de croyance au paranormal chez les Français (59 %), et plus particulièrement chez les jeunes qui seraient 69 % à croire à au moins une « vérité alternative » en dépit des preuves scientifiques contraires. Examinons la méthode derrière ces chiffres, répétés à l’envi par des médias qui se contentent de recopier les dossiers de presse.
L’IFOP applique une méthode des quotas pour sonder, sur quelques jours, environ un millier de personnes dites « représentatives » d’une population étudiée. Les résultats sont ensuite extrapolés à l’ensemble de la population, avec une marge d’erreur pas…
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Auteur: Renaud Evrard, Maître de conférences en psychologie, Université de Lorraine

