ILLUSTRATION DE VALFRET / COMME LE VENT
Les faits se déroulent le 22 mars 2023 dans le quartier du Plan à Montélimar (Drôme), vers 10 heures du matin. Avec une amie, Sonya, la quarantaine, revient de courses et se gare sur le parking en bas de chez elle. C’est alors qu’elle aperçoit des policiers qui sont en train de contrôler ses deux fils. Elle raconte :
« Je suis arrivée, il y avait des voitures de la municipale, de la police nationale, je leur ai dit : “vous en avez pas marre de nous harceler ?” J’étais en colère. Une policière municipale m’a gazée. Je me suis éloignée, et comme ils avaient mis l’un de mes fils dans la voiture et qu’ils essayaient de menotter l’autre, je suis retournée vers eux, pour leur demander pourquoi ils les embarquaient. En face de moi il y avait une femme de la police nationale en uniforme, une policière blonde, elle m’a poussée et elle m’a mis un coup à la tête avec sa gazeuse. Je n’étais pas menaçante, je connais la loi, je sais comment ils fonctionnent. Je m’étais juste approchée pour demander des explications ».
Une voisine, qui a observé la scène depuis son balcon, et l’amie avec laquelle Sonya revenait de courses, ont témoigné par le biais d’attestations transmises à la justice. Elles confirment toutes deux ce récit. L’amie poursuit : « [Sonya] est tombée par terre, elle saignait beaucoup de l’œil et était en train de s’évanouir. J’ai appelé les pompiers, je lui ai donné de l’eau et du sucre, pendant que la police continuait son altercation avec ses enfants […]. Si je n’avais pas été là, personne n’aurait appelé les pompiers ». La voisine au balcon confirme, là encore.
Justice à deux vitesses
Sonya est transportée par les pompiers aux urgences de Montélimar, puis à l’hôpital de Valence puis, vu la complexité et la gravité de ses blessures, à l’hôpital de Grenoble. Elle subit plusieurs opérations, du 22 au 27 mars….
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