La 17e chambre du tribunal de Paris, spécialisée dans le droit de la presse, a rendu le 10 juin un verdict qui met tous les enseignants et chercheurs en danger. Statuant sur l’affaire qui oppose Sophie Djigo à des responsables d’extrême droite, qu’elle accuse d’avoir orchestré une campagne de harcèlement extrêmement violente à son encontre, elle a débouté de sa demande notre collègue professeure de philosophie.
Retraçons les faits. Durant l’année 2022-2023, Sophie Djigo organise avec ses étudiants d’hypokhâgne, dans le cadre d’un projet interdisciplinaire intitulé « Exil et Frontières » (son sujet de recherche), une sortie à Calais comprenant notamment une rencontre avec des bénévoles de l’association l’Auberge des migrants.
Il n’en faut pas plus pour déclencher l’ire d’une enseignante du même établissement, porte-parole locale de l’association zemmourienne Parents vigilants, dont le protocole d’action est désormais bien connu : publication sur les réseaux sociaux d’un communiqué sous la forme d’une « alerte », divulgation de l’établissement puis de l’identité de l’enseignant, et reprise coordonnée de l’attaque par différents comptes d’extrême droite.
Le blanc-seing du cyberharcèlement
Cette fois, ce sont les comptes officiels du parti Reconquête et d’Éric Zemmour qui diffusent quasi immédiatement l’« information », ce dernier parlant de « grand endoctrinement » et affirmant que Sophie Djigo aurait « décidé d’enrôler ses élèves dans des activités pro-migrants à Calais ». Un communiqué officiel est publié par Reconquête !, suivi d’un second émanant de la section Hauts-de-France du RN. Le blanc-seing de cyberharcèlement est ainsi donné et les comptes anonymes – tous en lien avec la fachosphère – s’en donnent à cœur joie : « qu’on lui tonde le crâne », « qui est cette…
Auteur: Collectif

