Sur le papier, la feuille de route visant à sortir des énergies fossiles d’ici 2050 est prometteuse. Reste toutefois à la mettre en œuvre. Tel est le message principal du Haut Conseil pour le climat (HCC). Saisi par le gouvernement en décembre 2025, l’organisme indépendant — chargé d’évaluer les politiques publiques climatiques — a publié le 12 mars son avis relatif au projet final de troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3). S’il en « salue les avancées et l’ambition » — comme le déploiement d’infrastructures de transports bas-carbone, la rénovation thermique des bâtiments, la décarbonation de l’industrie et la baisse d’utilisation d’engrais azotés — il insiste surtout sur « l’importance d’une mise en œuvre effective et rapide ».
Avec près de trois ans de retard, cette nouvelle mouture du SNBC — censée être définitivement publiée par décret au printemps 2026 — engage de manière juridiquement contraignante la France à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 50 % d’ici à 2030 par rapport à 1990. Objectif : entrer dans les clous des ambitions européennes récemment rehaussées. « Pour respecter ce budget carbone, les émissions brutes doivent baisser d’environ 4,5 % par an de 2025 à 2028, un rythme bien supérieur aux baisses observées en 2024 [-1,8 %] et 2025 [-0,8 %] », s’alarment les experts du HCC.
Cette stratégie est « essentielle pour la souveraineté et la sécurité de la France face aux conflits liés aux énergies fossiles », note Jean-François Soussana, président du HCC. Seulement, sa crédibilité est conditionnée à son application réelle. Or l’organisme indépendant craint que les leviers de cette mise en œuvre ne soient pas suffisamment solides, notamment en matière de financements dans un contexte de coupes budgétaires drastiques.
Technologie ou sobriété
Le gouvernement mise sur les puits de carbone…
Auteur: Emmanuel Clévenot

