Pourquoi ce livre :
En février 2017, on découvre la thèse d’une personne de notre milieu qui décrit sous toutes les coutures nos vies dans un récit “ethnographique”. On lui avait pourtant dit non, ou plutôt les gens qui savaient avaient pu lui formuler un refus. Le contenu est nul, pas intéressant, accumule les clichés oppressifs. Il est de plus dangereux en ce qu’il divulgue de nos modes d’organisations, de nos points faibles et de nos histoires personnelles, malgré une soi-disant anonymisation.
En en discutant, on s’est vite rendu compte que ce n’est pas la première fois que ça arrive, que des chercheur.se.s dans des cercles militants et/ou minoritaires ont déjà utilisé leurs camarades comme “terrain”. On nous a parlé d’une personne dans les squats à Marseille, de personnes à la ZAD de NDDL, dans des festivals, dans des lieux refuges pour personnes exilées… le point commun étant que toutes ces personnes n’ont jamais fait lire leur taf aux personnes étudiées et ont tenté de cacher ce qu’elles avaient produit.
Comment ça a pu arriver ? Comment faire pour que ça n’arrive plus ? Pourquoi diffuser encore des appels à participer à des recherches sur les personnes ou groupes minorisés (trans, racisé.es, migrant.es etc…) ? A qui ça sert ? Pourquoi pense-t-on qu’on a quelque chose à y gagner ?
Le but de ce livre est de comprendre les mécanismes qui peuvent nous amener à laisser des chercheur.ses faire des recherches au sein des luttes et/ou des minorités, et de nous donner des outils pour les combattre. La thèse de T. n’étant qu’un exemple de ce qu’il peut se passer, il permet de comprendre pourquoi ces recherches sont, au mieux inutiles, au pire dangereuses.
Dans chaque chapitre on reprend un argument entendu qui défend la recherche puis on le déconstruit en 2 étapes : d’abord au travers d’une analyse générale, puis en prenant pour exemple ce qu’il s’est passé dans notre…
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