Sortir de la zone de confort

En cette semaine de retour post-pause estivale, je vais me permettre d’utiliser le « je ». Alors oui, j’ai peur de ce qui peut arriver à la France. Je ne dis pas cela pour dramatiser cette rentrée, ni pour fabriquer une inquiétude supplémentaire dans un pays qui en connaît déjà beaucoup. Je le dis parce que, pour la première fois peut-être, je mesure la possibilité que ce que nous avons longtemps considéré comme impossible devienne une réalité politique. Et j’en ai presque honte à l’avance.

Honte de ce que nous pourrions accepter. Honte de ce que nous pourrions laisser faire. Honte surtout de découvrir, trop tard, que nous avons passé trop de temps à nous convaincre entre nous que le danger était évident, au lieu d’aller parler à celles et ceux qui ne partageaient pas notre regard. Dans moins de dix mois, la France pourrait avoir changé de visage. Ce qui se joue n’est pas seulement une élection, ni la victoire possible d’un camp sur un autre. C’est une certaine idée du pays, de ses libertés, de son rapport à l’autre, de ce que signifie être français et citoyen d’une république.


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Notre histoire n’est évidemment pas celle d’un pays exemplaire. Elle est faite de conquêtes et de renoncements, de Lumières et de violences, de progrès et de régressions. Mais elle porte quelque chose de précieux : l’idée, a priori, que les droits ne sont pas réservés à ceux qui sont déjà les plus forts ; que la liberté ne vaut que si elle vaut pour tous ; que l’égalité n’est pas un slogan mais une promesse toujours inachevée. Cette promesse est aujourd’hui mise à l’épreuve.

Une démocratie ne se défend pas uniquement dans les…

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Auteur: Pierre Jacquemain