Que faire face l’obstination idéologique et répressive d’un gouvernement qui ne veut pas plier ? Que nous reste-il quand l’autoritarisme d’État engage son appareil répressif à une échelle de masse ? Quelles perspectives politiques accorder à un mouvement qui, à l’évidence, déborde l’agenda de la contre-réforme des retraites ? Bref, comment aller de l’avant sans se prendre les pieds dans les plis piégeux du pouvoir ?
Il n’existe pas de réponses définitives à ces questions. Il n’existe jamais de réponses définitives aux questions stratégiques, car opter pour une stratégie relève toujours en partie d’un pari. Et si tout pari engage son lot d’incertitudes et de surprises, il ne relève pas pour autant du coup de dé jeté au hasard, mais bien plutôt d’une analyse de la situation conjuguée au futur antérieur : à la jonction du déjà-là et du pas-encore, de l’hypothèse et du conditionnel. Poser la possibilité révolutionnaire du mouvement en cours revient donc à poser dans un même geste ce pourquoi la situation n’est pas encore révolutionnaire et ce par quoi elle peut encore le devenir.
Quelle prise sur le mouvement ?
Il existe plusieurs manières de comprendre ce qui se joue dans un mouvement. Or, toutes ne sont pas équivalentes et ne mènent pas aux mêmes conséquences. Analyser un mouvement, c’est toujours prendre le risque d’une lecture engageante. C’est définir ce à partir de quoi nos capacités d’intervention pourront se déployer, dans quels lieux, selon quels modes, avec quelle temporalité. Vielle leçon de la praxis : penser le mouvement et agir sur lui ne sont pas deux moments distincts. L’un est rapport de l’autre, et vice versa.
D’un point de vue dialectique, la bataille des retraites active toute une série de termes qui scandent le nouveau conflit entre travail et capital : otium/negotium, actif/passif, public/privé, répartition/capitalisation… autant…
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Auteur: dev

