Cet article est tiré de deux interventions publiques de l’autrice, la première prononcée au meeting anti-impérialiste « Organize We Fight » le 6 juin à la Parole errante à Montreuil, la seconde au meeting « US Go Home » tenu à la bourse du travail de Saint-Denis le 12 juin.
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Après l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro et la guerre des États-Unis contre l’Iran, j’ai été sidérée. Non pas tant par l’agression étasunienne, même si c’est toujours une surprise. Mais par le contexte politique français. Les slogans scandés dans les rares manifestations qui mettent à égalité le pays agressé et le pays agresseur, en l’occurrence la plus grande puissance mondiale, introduisent du flou dans la situation et paralyse le mouvement contre la guerre. Déjà, lors de la guerre en Irak de 2003, les manifestations – certes nettement plus importantes qu’aujourd’hui -n’avaient pas soutenu le droit du pays agressé à se défendre et à résister, à quelques exceptions près ; mais la faiblesse structurelle du mouvement anti-impérialiste en France mériterait une analyse à part entière.
Plus fondamentalement, on observe, dans les mouvements en France comme dans les autres pays du centre capitaliste, que c’est le mot d’ordre de « souveraineté nationale » qui est devenu tabou et son corollaire analytique, l’État, un impensé dans la stratégie anti-impérialiste. Dans cette phase d’intensification de l’impérialisme où l’Europe se prépare à faire la guerre à la Russie (et indirectement, à la Chine), il importe d’ouvrir une discussion stratégique sur la lutte contre l’impérialisme. Celle-ci commence par identifier l’ennemi principal, qui, comme nous le verrons, continue d’être les États-Unis (EU), malgré la fin latente de leur hégémonie. Dans ce nouveau contexte, et plus précisément celui d’un monde moins unipolaire, nous montrons que les coordonnées…
Auteur: romain romain

