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• Les Vipères ne tombent pas du ciel
En 2020, le sociologue Bruno Latour avait fait rire les auditeurs de France Inter en observant que l’écologie réussissait l’exploit de paniquer les gens tout en les faisant bâiller d’ennui. Depuis quelques années, reprend le journaliste Éric Aeschimann dans Les Vipères ne tombent pas du ciel, elle est en passe de les rendre « écolophobes ». Pourquoi ?
C’est le début d’une enquête passionnante, jamais culpabilisatrice ni moralisatrice, sur le malaise des classes populaires face à l’écologie. Pour la mener, Éric Aeschimann plonge le lecteur dans l’histoire de cette jeune philosophie politique, analyse la perversité de la gouvernementalité néolibérale, les ambivalences, notamment religieuses, de la bourgeoisie culturelle, héraut médiatique des valeurs écologiques, etc.
Comme toute enquête de longue portée, elle invite à une véritable transformation, un « Que faire ? écologique ». Pour penser une nouvelle « théorie de l’exercice démocratique au temps de l’urgence écologique » et vivifier « l’empuissantement et l’autonomie des classes populaires », comme certaines villes s’y attellent déjà. Un livre aux accents gorziens bien salutaire pour ouvrir un débat de fond sur l’avenir de l’écologie politique.
| Les Vipères ne tombent pas du ciel — L’écologie au défi des classes populaires, d’Éric Aeschimann, aux éditions Les Liens qui libèrent, septembre 2025, 224 p., 19,90 euros. |
• L’Insoutenable abondance
Au début de L’Insoutenable abondance, l’ingénieur et essayiste Philippe Bihouix file la métaphore, et s’amuse. Il compare les technologies numériques à une nouvelle religion messianique, avec « ses lieux saints » (la Silicon Valley), « ses figures béatifiées ou canonisées » (Steve Jobs), ses…
Auteur: Catherine Marin

