Comment reprendre le plus vieux débat (bi-centenaire) « socialisme scientifique » / « socialisme utopique » ?
Enrichi par la poussée fasciste et par la psychanalyse de la pulsion.
Nous l’avons longuement analysé (Punk Anarchism, Miettes 6) l’énergie psychique (la pulsion), le rêve, l’amour, l’illusion, tout cela peut être mobilisé, canalisé, concentré.
Et cette mobilisation de l’énergie psychique, de l’amour dans le cas religieux (évangélique, la manipulation de la croyance), cette mobilisation autoritaire, perverse, est au centre de l’œuvre fasciste.
Qu’est-ce qui est au centre de l’œuvre fasciste ? La mise en ordre des énergies utopiques. La mise en route du rêve. La militarisation de l’illusion (une variante du nationalisme et de ses propagandes guerrières).
Combattre le fascisme ? Rêve contre rêve ? Utopie contre utopie ?
Ne faut-il pas plutôt déserter le champ de bataille libidinal, l’espace commun des illusions ?
Définir le rêve, le fantasme, l’utopie, l’illusoire, comme l’espace psychique de la contre-attaque, c’est tomber dans une canalisation du libidinal qui promet la victoire au fascisme (comme le montre ce siècle).
Car le fascisme est le maître des énergies utopiques.
Il y a un champ commun utopique.
Là où officient les maîtres rêveurs, les grands manipulateurs, les démagogues, les chevaliers de l’imaginaire radical (du « socialisme utopique »). Les magiciens du fascisme qui font sortir le fascisme de leur cœur utopique.
Il est temps de reprendre, à nouveaux frais, le « socialisme scientifique ».
Il faut penser scientifiquement : déconstruire les rêves de manière matérialiste (via la psychanalyse).
Toujours relier les rêves aux structures de domination. L’extérieur qui envahit l’intime. Car il n’y a pas de rêve extérieur aux structures de domination : le rêve est dans la réalité.
Pour sortir de la domination, il faut sortir du champ…
Auteur: dev

