Pas une semaine ne se passe sans que les médias mainstream n’évoquent le cas de tel ou tel individu sous le coup d’une OQTF, terme qui trône dans le débat public depuis maintenant plusieurs années. A l’origine une mesure administrative, l’OQTF est aujourd’hui brandie comme un marqueur d’illégitimité, voire de dangerosité, ou même de criminalité.
En 2025, l’expulsion de lieux culturels, les décisions préfectorales à tour de bras sans motif valable, ou encore les narrations médiatiques nous assénant “OQTF = danger”, achèvent de baliser le terrain pour une extrême droite qui n’a plus qu’à regarder ses idées se traduire concrètement, jour après jour.
Mais de quoi parle-t-on exactement quand on parle d’OQTF ? Comment cet outil administratif est-il devenu un levier de stigmatisation ? Comment reprendre la main sur ce discours ? Éléments de réponse ici.
Non, les OQTF ne signifient pas qu’une personne est dangereuse
Créée en 2006 par une loi de Sarkozy, l’OQTF est une mesure administrative, délivrée par la préfecture, ayant pour objectif d’expulser une personne du territoire français, notamment en cas de refus de délivrance de titre de séjour, ou de situation irrégulière.

Bien qu’elle ne présume absolument en rien de la dangerosité réelle d’une personne, cette décision peut être assortie, tout à fait arbitrairement, d’une assignation à résidence, d’un placement en rétention, ou encore d’une interdiction de retour sur le territoire – qui l’est obligatoirement en cas d’OQTF sans délai de départ, laquelle est quasi incontestable devant la justice (48h de délai).
Quasi…
Auteur: Adrien Pourageaud

