« Soudain », de Ryūsuke Hamaguchi (Compétition) ; « Congo Boy », de Rafiki Fariala (Un Certain regard)

Soudain



Soudain / Ryūsuke Hamaguchi /3 h 16.

Un Ehpad, un jeune autiste, une femme atteinte d’un cancer, de longs développements pédagogiques sur la réalité du capitalisme, la vision d’un monde meilleur, le tout sur 3 h 15… Ryūsuke Hamaguchi a mis dans son onzième long métrage, Soudain, tout ce qu’on déconseille au cinéma – « on » étant les professionnels de ce milieu, mais aussi la critique, les algorithmes de modèles scénaristiques, la doxa, bref, tout le monde.

Le cinéaste japonais ne l’a pas fait par provocation. À l’origine de Soudain, il y a une émotion. Celle qu’il a ressentie à la lecture de la correspondance entre l’anthropologue médicale Maho Isono et la philosophe Mikako Miyano, leurs propos tournant autour de la vie, la maladie et la mort, la seconde étant atteinte d’un cancer dont elle est décédée.

Soudain est d’abord l’histoire de la naissance d’une puissante amitié. À Paris, Marie-Lou (Virginie Effira), directrice d’un Ehpad, rencontre fortuitement une metteuse en scène japonaise, Mari (Tao Okamato), présente en France pour accompagner son spectacle que joue un vieil acteur, Gorô (Kyoso Natatsuka). Celui-ci a avec lui son petit-fils autiste, Tomoki (Kodai Kurosaki). La connexion entre les deux femmes se fait instantanément parce qu’elles partagent des choses essentielles et que les mots coulent de source, leur venant indifféremment en japonais et en français : Mari a étudié à la Sorbonne, Marie-Lou à Tokyo (pour ce rôle, Virginie Effira a appris le japonais).


Sur le même sujet : « Contes du hasard & autres fantaisies », de Ryusuke Hamaguchi : À la croisée des chemins

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Christophe Kantcheff

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