À l’issue de sa quatorzième mission d’enquête dans le pays en dix ans, la Commission des Nations Unies sur les droits de l’homme au Soudan du Sud a dénoncé la persistance des violences, les tensions politiques, la réduction de l’espace civique, la corruption endémique et l’impunité.
Elle appelle les autorités sud-soudanaises à prendre des mesures urgentes pour protéger les civils, garantir l’accès de l’aide humanitaire aux populations dans le besoin et instaurer les conditions d’un dialogue politique véritablement inclusif avant le scrutin.
Durant cette mission de quatre jours, les enquêteurs indépendants ont rencontré des représentants du gouvernement, des responsables politiques et sécuritaires, des membres de la société civile ainsi que d’autres acteurs.
Des victimes toujours sans protection
La présidente de la Commission, Yasmin Sooka, s’est notamment rendue dans l’État de Jonglei, dans le nord du pays, où elle a rencontré des survivants des récents combats.
Leurs témoignages font état de violences sexuelles, de meurtres, de déplacements forcés et de séparations familiales. Certains survivants ont également expliqué être restés sans accès aux soins médicaux, au soutien psychosocial et à d’autres services essentiels, y compris dans des situations nécessitant une prise en charge urgente.
« Visite après visite, nous continuons d’entendre des personnes qui subissent les conséquences de la violence, des déplacements, de l’insécurité et de l’incapacité des responsables politiques et sécuritaires à prévenir et à remédier à ces préjudices », a déclaré Yasmin Sooka.
« La situation a peu évolué, alors que le coût humain continue de s’alourdir. Le peuple sud-soudanais mérite mieux que de voir sa vie façonnée par des cycles récurrents de violence et d’incertitude », a-t-elle ajouté.
Le Soudan du Sud, indépendant du Soudan depuis juillet 2011, reste marqué par une guerre civile…
Auteur: Nations Unies FR
