Près de trois ans après la rupture entre l’armée du général Abdel Fattah al-Burhan et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF) de Mohamed Hamdan Daglo, ce qui a commencé comme une lutte de pouvoir s’est mué en une guerre totale.
Devant le Conseil de sécurité, jeudi, la Secrétaire générale adjointe de l’ONU aux affaires politiques, Rosemary DiCarlo, a résumé la gravité du moment. « Il y a un peu plus d’un mois, le Soudan a franchi un seuil effroyable : mille jours d’une guerre brutale », a-t-elle rappelé. « Mille jours d’une violence vertigineuse et de souffrances inimaginables ».
Près de 30 millions de personnes sont aujourd’hui plongées dans la détresse humanitaire. Plus de dix millions ont fui leur foyer, dont la moitié sont des enfants. Dans certaines régions, la famine s’est installée depuis 2024. Les lignes de front ne cessent de se déplacer : du Darfour au Kordofan, en passant par le Nil Bleu.
Des dizaines de milliers de personnes nouvellement déplacées ont fui leurs villages dans la région du Darfour, en raison des affrontements entre l’armée soudanaise et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).
Darfour, l’histoire qui recommence
La chute d’El Fasher, fin octobre 2025, a marqué un nouveau tournant. Après plus de 500 jours de siège, les RSF se sont emparées du dernier bastion gouvernemental au Darfour du Nord, dans l’ouest du pays. Des centaines de milliers de civils ont fui. Les témoignages font état d’exécutions ciblant des communautés non arabes, de viols de masse, de disparitions.
Les RSF sont issues des milices janjawids, actives lors de la guerre du Darfour au début des années 2000. À l’époque déjà, les Fours, Masalits ou Zaghawa étaient pris pour cible. Quelques semaines avant la chute d’El Fasher, la Cour pénale internationale condamnait Ali Kushayb, ancien chef janjawid, pour crimes de…
Auteur: Nations Unies FR

